Petit joueur d'orgue
Droits:
Réservés
Crédits:
artnet.fr
Année de la prise de vue:
2020
Type d'œuvre:
peinture
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature:
LOUIS RIVIER
Emplacement: —
Remarques sur la signature:

La signature est accompagnée de la date de création : 1944.

Description iconographique:

Ce tableau mi-allégorique mi-domestique représente un enfant musicien jouant de l’orgue devant un paysage collinaire.

La composition est classique, équilibrée, avec des plans qui se succèdent jusqu’à l’horizon. Au centre, se trouve un garçon habillé d’une longue tunique blanche au drapé abondant. Il est assis sur un siège en bois recouvert d’un coussin. Ses mains sont posées sur les touches d’un orgue dont on voit la structure en bois et les tuyaux à l’extrémité gauche du tableau. L’enfant a les yeux clos et la tête penchée en avant ; il est complètement absorbé par la musique qu’il joue. Sa figure est candide et douce ; il a les traits délicats, presque angéliques.

Le musicien se tient sous un porche ou une sorte de loggia, doté de voûtes et d’arc en plein cintre. Ceux-ci sont soutenus par des colonnes en marbre porphyre aux chapiteaux corinthiens. Le sol est décoré d’un motif géométrique simple et répétitif de losanges noirs. Sur la droite, par-delà les colonnes, on aperçoit des marches : une mère accompagnée de trois enfants est en train de les gravir. Peut-être, sont-ils curieux de découvrir d’où vient la musique qu’ils entendent ? A l’arrière-plan s’ouvre un vaste paysage de collines, traversé par un fleuve et ponctué d’arbres. Un arbre dépouillé se profile alors que de l'autre côté de la colonne, un cyprès s’élève dans la partie droite. La verticalité des deux arbres résonne avec celle des colonnes ; ensemble, ils structurent la scène peinte par zones rectangulaires et verticales. Cette manière d’organiser l’espace entre un extérieur et un intérieur s’inspire de certaines compositions de la peinture de la Renaissance italienne et, en particulier, de celles de Piero della Francesca. Louis Rivier reprend cette idée et l’adapte à son propre contexte et aux thèmes qui lui sont chers : le monde de l’enfance, la musique, une certaine spiritualité et religiosité. Le motif du petit joueur d’orgue, en particulier, est un sujet figuratif récurrent dans l’œuvre du peintre.

Les reliefs sont surmontés d’un ciel bleu clair traversé par quelques nuages. La lumière est étale, douce et rosée. Pour ce tableau Louis Rivier utilise une palette de couleurs estompées et pastel : vert sauge, rose, orange, ocre, marron clair, rouge marbré.

Les ombres façonnent les plis des habits, aux drapés bien marqués, aux formes presque géométriques, coniques et pyramidales. Leur façon de tomber engendre un effet sculptural. Les ombres portées sont rares : seules les colonnes et le pavé du porche sont légèrement obscurcis.

Louis Rivier prête une attention particulière au rendu des matières. La dureté du métal des tuyaux et la surface lisse et polie du marbre dialoguent avec le drapé de la tunique, à la texture souple. Ces matières créent un intéressant contraste avec la douceur des collines et l’évanescence des nuages.

Dans son ensemble, la composition est harmonieuse : le spectateur entre dans un monde magique et explore du regard cette scène, aux nombreux détails et à la perspective infinie, rasséréné par une sensation de calme et de tranquillité.

On note d'autres Petits Joueurs d'orgue, comme Petit joueur d'orgue devant un paysage (1945) et un autre de 1943.

Type de composition:
composition symbolique
Dimensions (en cm)
Hauteur:
37 cm
Largeur:
38 cm
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état.

Inscription(s) notable(s): —
Technique:
procédé spécial
Support de l'œuvre:
papier collé sur un support rigide
Commentaires techniques:

Le « procédé spécial » est une technique personnelle élaborée par Louis Rivier. Le peintre se sert principalement de crayons de couleur, craies, diluants et gommes. Richard Heyd, biographe officiel de Louis Rivier, décrit ainsi sa méthode : « [Il] enroule autour de son doigt un chiffon au moyen duquel il fait disparaitre entièrement les traits de crayons ; la matière gagnera ainsi en homogénéité et son éclat deviendra comparable à celui de la peinture sur émail » (Richard Heyd, Rivier, p. 156). Dès 1938, Louis Rivier en fera sa technique privilégiée.

Lieux de création:
Mathod
Lieu de conservation:
Collection privée
Provenance: —
Date de création:
1944
Commentaires sur le lieu et la datation:

L’année 1944 est ponctuée de nombreuses expositions : l’Exposition de la Corporation romande des arts, en février, à Neuchâtel ; l’exposition Louis Rivier, du 24 juin au 22 juillet, à la galerie du Capitole à Lausanne ; Les peintres du Léman, du 17 juin au 24 septembre, au Musée cantonal des Beaux-Arts à Lausanne. Au Comptoir suisse, il participe au Troisième Salon de Lausanne, du 9 au 24 septembre.

Bibliographie
  • Dario GAMBONI. 1985. Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, Lausanne: Payot , p.129