Le Baptême du Christ
Droits:
Réservés
Crédits:
Marino Trotta
Année de la prise de vue:
2022
Type d'œuvre:
dessin
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature:
LR
Emplacement: —
Remarques sur la signature: —
Description iconographique:

Il s’agit d’une composition religieuse représentant le Baptême du Christ. Selon le récit biblique, Jésus se rend au bord du Jourdain où le peuple se fait baptiser par Jean-Baptiste. Louis Rivier représente le moment précis du baptême de Jésus, auquel suivra le déchirement des cieux et la descente du Saint Esprit sous la forme d’une colombe.

La composition est symétrique et construite autour d’un axe central coïncidant avec Jésus. Ce dernier est debout, les bras croisés sur la poitrine. Il est habillé d’un simple drap blanc noué autour des hanches et des épaules.

Jésus porte des longs cheveux bouclés châtain clair. A ses côtés, Jean-Baptiste fait couler de l’eau sur sa tête. Selon l’iconographe traditionnelle, le saint est habillé d’une peau de bête et porte de longs cheveux bruns et bouclés. Les deux personnages se tiennent sur les rives du Jourdain ; le niveau de l’eau est très bas et leurs pieds reposent sur des galets blancs, gris et rose clair.

De part et d’autre de la composition, plusieurs figures masculines sont disposées. Leurs expressions et leurs regards manifestent à la fois de la stupeur, de la méfiance et de la curiosité.

Au premier plan sur la gauche, un homme est assis sur un tronc d’arbre. Il est tourné de dos et vient très probablement d’être baptisé. Il est nu, le corps partiellement recouvert d’un linge. Il parle avec un homme qui lui indique quelque chose situé à sa droite en gesticulant vigoureusement avec ses bras et ses mains.

Au premier plan sur la droite, un homme est lui aussi assis sur un tronc d’arbre et ôte ses sandales : il s’apprête à se faire baptiser.

La caractérisation des personnages répond à une certaine stylisation des traits physionomiques, mais la variété de leurs gestes et de leurs postures est riche. Les deux scènes figurant au premier plan, par exemple, sont d’un grand réalisme et confèrent à la composition une impression d’immédiateté.

Le paysage est voilé par une brume rosée qui semble annoncer un coucher du soleil. Le Jourdain est agrémenté d’une végétation typiquement aquatique constituée de roseaux. Ceux-ci se reflètent dans l’eau bleu vert, légèrement grise. Au loin, on voit de hautes berges ocre et des reliefs bleutés. Plusieurs arbres dépouillés ponctuent le paysage. L’arbre sec est un motif récurrent dans l’œuvre de Rivier. Il est ici lié à la symbolique de la mort et préfigure la Passion du Christ.

La composition baigne dans une lumière étale dominée par des teintes terriennes (ocre, marron, gris, orange) et chaudes (rouge, bordeaux, rose). Quelques éclats de bleu turquoise et de rose vif, parmi les vêtements de la foule, rehaussent la palette chromatique.

Louis Rivier focalise son attention sur les aspects narratifs. Il raconte l’épisode biblique en se servant d’une narration claire, identifiable facilement et d’une mise en scène théâtrale s’ouvrant au premier plan en demi-cercle.

Le Baptême du Christ fait partie d’une série de 60 illustrations dessinées, consacrées à la représentation d’épisodes bibliques.

Type de composition:
composition religieuse
Dimensions (en cm)
Hauteur:
18 cm
Largeur:
24 cm
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état.

Inscription(s) notable(s):

Au verso: «Marion».

Technique:
crayons de couleur
Support de l'œuvre:
papier
Commentaires techniques: —
Lieux de création:
Jouxtens, Rome
Lieu de conservation:
Collection privée, Mathod
Provenance: —
Date de création:
1936-1938
Commentaires sur le lieu et la datation:

« L’idée d’une représentation systématique de scènes bibliques apparaît, selon Sapori, en 1918 […]. Rivier adopte d’abord un format vertical, et fait quelques tentatives à la plume (1923) et à la mine de plomb. […] Mais c’est en 1936 dans la foulée des pastiches publicitaires pour Nestlé qu’il définit son projet à l’aide du crayon de couleur et en vue d’une diffusion à grande échelle. L’exécution se poursuit à Rome jusqu’à l’été 1938. Rivier a alors achevé avec 60 planches l’illustration du Nouveau Testament et se met en quête d’un éditeur […]. De 1938 à 1940, Rivier mène ses démarches en Angleterre, en France […] en Suisse […] et en Allemagne […]. Ses interlocuteurs lui opposent notamment la situation internationale et la difficulté d’une coédition. Le projet n’ayant pas abouti, Rivier renonce à aborder l’Ancien Testament et disperse dès 1946 par l’intermédiaire de son marchand saint-gallois une partie de l’ensemble déjà réalisé ». (Dario Gamboni, Louis Rivier et la peinture religieuse en Suisse romande, p. 123).

En 1936, Louis Rivier commence à dessiner avec les crayons de couleur et utilise la gomme pour lisser la couleur. Il participe au Salon de la Nationale à Paris. Il réalise sa première planche de la Bible, celle de la Nativité. En 1937, il quitte la Suisse pour un séjour à Rome. Il habite Via Corsini. Le dimanche, il emmène sa famille dans les musées romains. Il invente le « procédé spécial » et fait les premiers essais. Il peint le portrait de Maurice Sandoz qui est envoyé au Salon de Paris. La guerre approche. En été 1938, il rentre en Suisse, puis retourne en octobre à Rome pour quelques semaines. Il s’arrête à Florence. Il peint au procédé spécial son Autoportrait qui entre en 1940 à la Galerie des Offices de Florence.

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