Portrait de Georges Mercier
Droits:
Réservés
Crédits:
Marino Trotta
Année de la prise de vue:
2022
Type d'œuvre:
peinture
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature:
LOUIS RIVIER
Emplacement: —
Remarques sur la signature:

La signature Louis Rivier est inscrite en rouge. Trois chiffres de la date sont visibles : 193.

Description iconographique:

Ce portrait en plan rapproché représente Georges Mercier, un des meilleurs amis de Louis Rivier et fils de Jean-Jacques Mercier-de Molin. Ce dernier était commanditaire du peintre auquel il a confié la décoration de la salle à manger du Château de Pradegg à Sierre. Il était aussi mécène puisqu’il a financé la décoration picturale de l’Aula de Rumine à Lausanne.

Le visage et le buste de Georges Mercier sont représentés de trois-quarts. Ses lèvres esquissent un sourire. Ses yeux brun-vert sont presque rieurs. Son nez est droit, son front est large et son oreille droite, la seule visible, est particulièrement grande. Les cheveux, coupés courts, ainsi que les sourcils sont grisonnants. Quelques rides parsèment le visage, notamment sous les yeux et à côté des narines.

Georges Mercier porte une veste sombre, une chemise blanche et une cravate foncée. Il se tient bien droit et sa posture. Son expression révèle une certaine assurance. Cependant, les sourcils légèrement froncés et le sourire un peu retenu suggèrent cette autre interprétation : l’homme semble vouloir se concentrer pour échapper à une envie de sourire encore davantage au peintre que l’on imagine en face de lui. Louis Rivier semble donc évoquer le lien d’amitié existant avec le modèle en extériorisant, grâce à l’expression de Georges Mercier, leur complicité.

La figure se démarque d’un paysage champêtre peint en perspective. On aperçoit quelques collines, des arbres et un pré. La tête de Georges Mercier, au centre de la composition, est entourée d’un ciel vaporeux aux couleurs typiques d’une fin d’après-midi : indigo, gris-bleu, orange, jaune.

La lumière est étale et diffuse, les ombres son presque absentes. On remarque celles, légères, autour du nez et dans le creux de l’oreille.

Le portrait de Georges Mercier est d’un réalisme quasi photographique. Louis Rivier prête une attention particulière à la carnation et chaque détail du visage est peint avec une grande précision. La gamme chromatique de ce petit portrait comporte des nuances harmonieuses : vert foncé, noir, brun. Le blanc de la chemise ressort comme une touche lumineuse.

Ce portrait ainsi que celui de son épouse Madeleine Mercier-de Loriol ont longtemps été accrochés à Lausanne dans le salon d’une collection particulière. Ces tableaux forment une paire qui met en relation et en représentation le couple, en souvenir peut-être du double portrait Federico de Montefeltro et Battista Sforza (1465-1472 Offices, Florence) de Piero della Francesca, aussi une tempera sur bois. Le paysage est le même dans les deux peintures. On reconnaît les maisons et le grand arbre dépouillé. La lumière crépusculaire et les collines contribuent à unifier ces deux compositions.

Type de composition:
portrait
Dimensions (en cm)
Hauteur:
45 cm
Largeur:
34 cm
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur:
62 cm
Largeur:
51 cm
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état.

Inscription(s) notable(s): —
Technique:
détrempe
Support de l'œuvre:
bois
Commentaires techniques:

Louis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (tempera all’uovo). « La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVIe - XVIIe siècles. ». (François Perego. 2005. Dictionnaire des matériaux du peintre, Paris : Ed. Belin, p. 706).

La recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, p. 97).

Au cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, « […] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions. » (Francesco Sapori, Louis Rivier, p. 38).

En 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le « procédé spécial », technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même en grand format et réalisées pour des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de plus de 15 années, jusqu’en 1940.

Lieux de création:
Mathod, Jouxtens-Mézery
Lieu de conservation:
Château de Pradegg, Sierre
Provenance:
Collection privée Monique Moser-Verrey, Lausanne
Date de création:
Date de création inconnue
Commentaires sur le lieu et la datation:

L’œuvre appartient depuis l'été 2022 au Musée d'art du Valais, à Sion. Elle est en dépôt au Château Mercier, à Sierre.

La date exacte de création de ce portrait est incertaine, seuls les trois premiers chiffres, 193, sont visibles en dessus de la signature. Voici quelques éléments biographiques de la première moitié des années 1930.

En 1930, Louis Rivier séjourne en Toscane. En Suisse, il réalise dix-sept vitraux de la Cathédrale de Lausanne. Par la suite, il s’installe seul à Paris. En 1932, il peint une Crucifixion dans le chœur du temple protestant nouvellement édifié d’Auteuil, qu’il achève en juillet. Un an plus tard, il réalise le décor du temple de Puteaux. Il fait les trajets entre Lausanne et Paris tous les mois. Il écrit des articles pour La Gazette de Lausanne. En 1934 il peint un Autoportrait qui, exposé au Salon de Paris de la même année, lui vaudra son admission dans la Société nationale des Beaux-Arts. Rentré en Suisse, il commence une collaboration qui durera un an, avec Nestlé&Anglo-Swiss Condensed Milk Co. et dessine des publicités pour le lait en poudre dont certaines paraissent dans L’Illustration. En 1936, il décore une chapelle du temple de Villeneuve. Il commence à dessiner avec les crayons de couleur et la gomme pour lisser la couleur. Il réalise sa première planche de la Bible, celle de la Nativité.

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