Portrait de Madame Heyd
Droits:
Réservés
Crédits:
Arnaud Meylan
Année de la prise de vue:
2009
Type d'œuvre:
peinture
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature:
LOUIS RIVIER
Emplacement: —
Remarques sur la signature:

La signature est accompagnée de la date: 28 octobre 30 novembre 1943.

Description iconographique:

Il s’agit du portrait posthume de Madame Heyd, épouse de Richard Heyd, biographe du peintre. La jeune femme est représentée pendant un moment de repos. Sans doute ce portrait peint possède-t-il un modèle photographique qu’aurait pu fournir l’époux à Louis Rivier qui connaissait bien le couple.

La jeune femme est assise sur un banc en pierre surmonté d’un haut dossier qui le transforme en un mur séparant la scène principale d’un paysage dont on aperçoit deux bandes bleues : une très claire représentant le ciel et une, plus foncée, figurant une étendue d’eau (un lac probablement). On entrevoit aussi un massif montagneux, dont les formes et la couleur sont estompées par l’atmosphère. En haut à gauche, sur le parapet, un motif décoratif fait office de tampon et est représenté en trompe-l’œil par le peintre comme s’il était gravé dans la pierre.

Le portrait de Madame Heyd ressort de cet encadrement donné par la pierre jaune clair. La jeune femme occupe une position centrale et regarde le spectateur droit dans les yeux. Ses bras sont tendus souplement sur ses jambes, les bouts des doigts joints. On aperçoit la forme de ses jambes et de ses genoux sous l’ample jupe rouge. Madame Heyd porte une chemise blanche à manches courtes, fermée par de petits boutons noirs. Un médaillon ovale turquoise avec un bord doré est fixé sous son col de chemise, un portrait de profil y est gravé. La jeune femme sourit au spectateur, sa tête est légèrement penchée vers le bas et cela donne au regard une impression de timidité mais aussi de complicité. Ses joues sont légèrement roses, peut-être à cause de la chaleur transmise par la lumière dorée et estivale dans laquelle baigne la composition. Le visage de la jeune femme entouré d’une belle chevelure brune maintenue par un diadème rouge est traité avec un réalisme extrême. Le portrait produit un effet photographique causé par la pose et la netteté du dessin : il renvoie à une sorte d’hyperréalisme.

Ici le procédé spécial qui traduit autant la luminosité que la carnation du visage et des mains est pratiqué avec maestria. Louis Rivier excelle dans cette technique qu’il a inventée et qui lui permet de traduire une vie lumineuse dans les images.

La réduction chromatique à trois couleurs principales, beige (ou jaune clair), rouge et bleu focalise l’attention du spectateur sur l’essentiel : le sourire et le regard de Madame Heyd ainsi que la jupe rouge, agitée de doux mouvements donnés par les plis. Cette impression de vie, d’instantané même, contraste avec le fait qu’il s’agit d’un portrait posthume. En effet, Madame Heyd est décédée en 1941 à 29 ans. Ici, Louis Rivier transcende la mort et confère à l’image le pouvoir de l’animation d’un corps.

Type de composition:
portrait
Dimensions (en cm)
Hauteur:
110 cm
Largeur:
85 cm
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état, bordures légèrement déchirées.

Inscription(s) notable(s): —
Technique:
procédé spécial
Support de l'œuvre:
papier collé sur pavatex
Commentaires techniques:

Le « procédé spécial » est une technique personnelle élaborée par Louis Rivier. Le peintre se sert principalement de crayons de couleur, craies, diluants et gommes. Richard Heyd, biographe officiel de Louis Rivier, décrit ainsi sa méthode : « [Il] enroule autour de son doigt un chiffon au moyen duquel il fait disparaitre entièrement les traits de crayons ; la matière gagnera ainsi en homogénéité et son éclat deviendra comparable à celui de la peinture sur émail » (Richard Heyd, Rivier, p. 156). Dès 1938, Louis Rivier en fera sa technique privilégiée.

Lieux de création:
Mathod
Lieu de conservation:
Collection privée, Genève
Provenance: —
Date de création:
28/10/1943-30/11/1943
Commentaires sur le lieu et la datation:

En 1943, Rivier peint la Mise au tombeau. Le galeriste Jacques Thum, à Saint-Gall, diffuse son œuvre en Suisse orientale (compositions religieuses, petits musiciens, natures mortes).

Bibliographie
  • Sous la direction de Véronique MAURON, Marie-Odile VAUDOU et Marie ANDRÉ. 2013. Louis Rivier : l’intimité transfigurée, Berne, Lausanne : Till Schaap Edition, Association des Amis de Louis Rivier, p.25
  • Richard HEYD. 1943. Rivier, Neuchâtel et Paris : Editions Delachaux et Niestlé, p.163