Portrait d'Hubert de Molin
Droits:
Réservés
Crédits:
Marino Trotta
Année de la prise de vue:
2022
Type d'œuvre:
peinture
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature:
LOUIS RIVIER
Emplacement: —
Remarques sur la signature:

La signature est intégrée dans la légende suivante, peinte par l’artiste le long d’un parapet gris : HUBERT DE MOLIN PEINT PAR RIVIER : 1922.

Description iconographique:

Il s’agit d’un portrait en plan rapproché d’Hubert de Molin, fils d’Aloys de Molin (1861-1914) qui a été professeur d'archéologie et d'histoire de l'art à l'Université de Lausanne ainsi que directeur du musée archéologique et du cabinet des médailles de la même ville. Grace à la médiation d’Aloys de Molin, Louis Rivier a été choisi pour réaliser la décoration de l’Aula de Rumine. Le beau-frère d’Aloys de Molin est Jean-Jacques Mercier-de Molin, propriétaire du Château de Pradegg et mécène pour la décoration de l’Aula du Palais de Rumine.

Le portrait en plan rapproché représente Hubert de Molin, jeune homme assis sur une chaise dont on entrevoit le dossier. Le buste est légèrement orienté de trois-quarts, vers la gauche ; la tête est aussi de trois-quarts, tournée vers la droite. Cela crée une légère torsion et mise en mouvement du corps. Le cadrage serré exclut de la composition le coude gauche, posé sur le dossier de chaise, et la moitié inférieure du bras droit, plié à angle droit. La main droite tient délicatement la gauche.

L’homme sourit et regarde hors champ. Il a l’air songeur et serein. Il porte des cheveux bruns foncés coupés court et une fine moustache. Son visage est rose clair ; sa peau est lisse et témoigne d’une de la fraîcheur de la jeunesse et de la bonne santé.

Hubert de Molin est habillé d’une veste brune, d’une chemise blanche et d’une cravate marron dont on devine la matière soyeuse. Les poignets blancs de la chemise apparaissent sous les manches de la veste.

Le jeune homme se tient derrière une sorte de parapet dont on voit seulement un court bandeau gris dans le bord inférieur du tableau. Par un effet de trompe l’œil, la main droite du jeune homme semble posée sur le rebord du parapet et sortir légèrement du cadre. Comme gravée dans la pierre, la légende suivante peut se lire : HUBERT DE MOLIN PEINT PAR LOUIS RIVIER : 1922. Le cadrage serré, l’orientation du buste de trois-quarts, la présence du parapet et de la légende inscrite, sont une référence à l’art du portrait flamand. Cependant, contrairement à la plupart des œuvres flamandes dotées généralement d’un arrière-plan sombre et uni, dans le tableau de Rivier, la figure d’Hubert de Molin se démarque d’un paysage composé d’un ciel clair bleu rosé et de quelques reliefs bleutés qui ressemblent à ceux de la Savoie en face de Lausanne. Derrière le dossier de chaise, on entrevoit un fond vert et ocre qui fait penser à de la végétation.

La proximité d’Hubert de Molin du spectateur et, de l’autre côté, la profondeur suggérée par les montagnes créent un effet de contraste. Le cadrage serré ne permet pas de saisir, ou d’imaginer, le type de paysage existant entre le parapet et les reliefs au loin. Le contexte prend ainsi une allure quelque peu insolite et dote ce portrait réaliste d’une touche d’idéalisation et d’atemporalité.

Type de composition:
portrait
Dimensions (en cm)
Hauteur:
55 cm
Largeur:
42 cm
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état.

Inscription(s) notable(s): —
Technique:
détrempe
Support de l'œuvre:
bois
Commentaires techniques:

Louis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (tempera all’uovo). « La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVIe - XVIIe siècles. ». (François Perego. 2005. Dictionnaire des matériaux du peintre, Paris : Ed. Belin, p. 706).

La recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, p. 97).

Au cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, « […] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions. » (Francesco Sapori, Louis Rivier, p. 38).

En 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le « procédé spécial », technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même en grand format et réalisées pour des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de plus de 15 années, jusqu’en 1940.

Lieux de création:
Jouxtens-Mézery
Lieu de conservation:
Collection privée
Provenance: —
Date de création:
1922
Commentaires sur le lieu et la datation:

En 1922, Louis Rivier séjourne dans les Alpes et dessine des montagnes dans son agenda (Weisshorn et Les Mischabels). Il expose au bâtiment Arlaud à Lausanne avec d’autres membres de la Société vaudoise des Beaux-Arts tels Fernand Gaulis, Charles Koëlla, Raphaël Lugeon, Jean Charles Rambert, François de Ribaupierre. Il réalise la polychromie et les vitraux du temple Neuf (dit aussi temple du Bas ou du Lac) de La Neuveville.

Il expose au Comptoir suisse de Lausanne dans l’Exposition nationale d’art appliqué du 6 mai au 25 juin et participe au Salon de la Nationale à Paris.

En été 1922, Louis Rivier et sa famille emménage à Mathod qui deviendra la deuxième résidence familiale avec celle de Jouxtens-Mézery.