Petit violoncelliste
Droits:
Réservés
Crédits:
Arnaud Meylan
Année de la prise de vue:
2009
Type d'œuvre:
peinture
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature:
Louis Rivier
Emplacement: —
Remarques sur la signature: —
Description iconographique:

Ce petit tableau de Louis Rivier représente un enfant jouant du violoncelle. Son buste fait face au spectateur, sa tête est orientée de trois-quarts et penche légèrement en avant, le menton effleure le cou. Ses traits gracieux et délicats ont quelque chose d’angélique. Il porte des cheveux châtains et ondulés. Il est habillé d’une tunique violette. Son bras gauche est en partie hors champ, tout comme ses jambes dont on voit seulement une partie des cuisses. Le garçon est assis au tout premier plan et il en résulte presque un effet de trompe l’œil : on imagine les jambes aller du côté du spectateur. Louis Rivier fait une sorte de mise au point photographique très serrée sur le sujet de sa représentation. Comme dans un portrait photographique, le geste et l’expression du jeune musicien sont capturés dans un instant précis lors d’une action : les doigts fuselés d’une main pincent les cordes de l’instrument pendant que l’autre main maintient l’archet perpendiculaire au manche. Ce geste, associé aux lèvres serrées et au dos incliné, exprime toute la concentration du jeune garçon dans l’exercice de son activité musicale. De l’instrument, on voit une partie de la table avec ses ouïes, le manche et la volute de la tête tracée en perspective.

A l’arrière-plan, le paysage est collinaire : un terrain ocre, quelques arbres sur la gauche et des reliefs bleutés au loin. Le ciel est bleu-vert, peint en dégradé. Ce tableau exprime délicatesse et quiétude, sentiments plusieurs fois associés par Louis Rivier au monde de l’enfance, phase de la vie dont l’artiste crée une image profonde.

La lumière est diffuse et douce. Les ombres, bien définies, façonnent la chevelure du garçon, les traits du visage, le cou, les doigts et les plis des habits. La gamme chromatique est sobre construite à partir de trois couleurs principales : le violet, le marron et le bleu-vert du ciel.

Les lignes souples prévalent, avec une exception pour le drapé, plus figé et caractérisé par des traits droits.

Louis Rivier a peint plusieurs portraits de jeunes musiciens et musiciennes : violoncellistes, violonistes, harpistes, joueurs d’orgues et de luths, en particulier. On connait la passion de Louis Rivier pour la musique et pour la représentation du monde de l’enfance. Son esprit religieux a pu influencer la caractérisation de « ses petits musiciens » aux traits angéliques».

Type de composition:
composition symbolique
Dimensions (en cm)
Hauteur:
34 cm
Largeur:
26 cm
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état.

Inscription(s) notable(s): —
Technique:
détrempe
Support de l'œuvre:
panneau
Commentaires techniques:

Louis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (tempera all’uovo). « La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVIe - XVIIe siècles. ». (François Perego. 2005. Dictionnaire des matériaux du peintre, Paris : Ed. Belin, p. 706).

La recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, p. 97).

Au cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, « […] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions. » (Francesco Sapori, Louis Rivier, p. 38).

En 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le « procédé spécial », technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même en grand format et réalisées pour des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de plus de 15 années, jusqu’en 1940.

Lieux de création: —
Lieu de conservation:
Collection privée
Provenance: —
Date de création:
Date de création inconnue
Commentaires sur le lieu et la datation: —