Il s’agit d’une représentation de la Vierge Marie, attristée, pleurant la mort de son fils crucifié.
Le cadrage choisit par Rivier procure un effet photographique, comme une mise au point serrée d’un détail d’une composition plus ample. L’objectif de Rivier se focalise sur le visage de la Vierge, appuyé contre le montant vertical de la croix sur laquelle son fils a été crucifié. Dans le coin supérieur gauche du tableau, on voit les doigts d’un pied du Christ. Le visage de Marie est orienté de trois-quarts et penche légèrement vers le bas. Il est entouré d’une guimpe blanche qui lui recouvre la tête, le front et le cou. On entrevoit son habit couleur bleu nuit. Marie a une expression à la fois triste et résignée, son regard semble se perdre dans un vide intérieur. Ses sourcils froncés expriment toute sa douleur. Le visage affiche un réalisme prononcé.
La traverse verticale de la croix est d’un bois très foncé, mettant en lumière le blanc de la guimpe. A l’arrière-plan, le paysage résonne avec le sentiment de désolation éprouvé par la Vierge. On voit des branches dépouillées ainsi que des arbres dénudés. Il s’agit d’un motif récurrent dans l’œuvre de Rivier qui associe cet élément figuratif à la finitude et ici précisément à la mort du Christ.
La végétation que l’on entrevoit est vert pistache pâle. Le ciel est, quant à lui, nuageux. La lumière est claire et étale, les rares ombres façonnent les plis du voile.
Dans les années 1940, l’artiste se consacre à plusieurs compositions de ce type pour différents collectionneurs privés. Il s’agit de représentations religieuses, presque des images de piété, de la Vierge pleurant son fils.
Rivier s’inspire ici d’un détail de la grande peinture murale du temple de Bottens, réalisée entre 1942 et 1943.
Bon état.
Le « procédé spécial » est une technique personnelle élaborée par Louis Rivier. Le peintre se sert principalement de crayons de couleur, craies, diluants et gommes. Richard Heyd, biographe officiel de Louis Rivier, décrit ainsi sa méthode : « [Il] enroule autour de son doigt un chiffon au moyen duquel il fait disparaitre entièrement les traits de crayons ; la matière gagnera ainsi en homogénéité et son éclat deviendra comparable à celui de la peinture sur émail » (Richard Heyd, Rivier, p. 156). Dès 1938, Louis Rivier en fera sa technique privilégiée en l’adoptant pour des grands formats également, des peintures murales aux sujets bibliques de préférence.
En 1947, Louis Rivier peint Jeune femme à la robe bleue (Anne). Il est lauréat du prix « Spécial section Peinture » de la Société nationale des Beaux-Arts de Paris. Il séjourne avec Julie et une de ses filles en Toscane. Il décore le temple de Nyon. Il participe au Salon de la Nationale à Paris.