{"id":26,"created_at":"2021-02-11T17:07:46.347Z","updated_at":"2023-01-31T14:04:47.553Z","created_by_id":3,"updated_by_id":4,"status":"draft","signature_transcription":"LOUIS RIVIER","no_signature":false,"signature_comments":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","unknown_author":false,"no_title":false,"title":"Portrait de jeune femme (Julie)","description":"\u003cp\u003eIl s’agit d’un des premiers tableaux représentant Julie (née de Rham), épouse du peintre. Louis Rivier et Julie se sont mariés en 1911. La jeune femme est vue de profil. Elle est assise, le buste bien droit, les mains croisées et posées sur une table, juste devant elle. Elle porte son alliance à l’annulaire gauche et sa bague de fiançailles avec trois perles à l’annulaire droit. Cette bague se trouve déjà dans le dessin \u003cem\u003eJulie \u003c/em\u003e(1912), dans \u003cem\u003eJeune femme à la prairie\u003c/em\u003e (1917) et jusque dans le\u003cem\u003e Portrait de Julie au manteau de fourrure\u003c/em\u003e (1943).\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe regard de Julie semble absorbé par une pensée qui l’éloigne de la contingence du réel. Tout son être, parfaitement immobile, est tourné en intériorité, dans une intense et consciente présence à soi.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eJulie porte un habit rouge orné de dentelles au cou, sur l’épaule et la manche. La carnation de son visage, ainsi que ses mains et ses cheveux sont d’un grand réalisme. Louis Rivier peint avec précision chaque cheveu noué en chignon retenu par des peignes, l’épiderme des joues, la texture des cils et sourcils et les nuances roses des ongles. Les différentes textures sont traitées avec réalisme\u0026nbsp;: le bois des cadres et de la chaise, le velours et les dentelles.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eJulie se tient à l’intérieur d’une pièce tapissée en vert. Son corps est comme encadré par le châssis d’une fenêtre ouverte donnant sur un paysage de ciel, de collines et de lac et par un petit portrait féminin accroché au mur. Le tableau s’encastre très précisément dans la coiffure de Julie et accentue l’effet de proximité, voire de miroir, entre la femme réelle et la femme peinte de trois-quarts dont les cheveux blonds sont aussi coiffés en chignon. Le regard sort de son espace et semble jeter un coup d’œil à Julie. Cette peinture rappelle\u0026nbsp;\u003cem\u003eIl ritratto di giovane dama\u003c/em\u003e\u0026nbsp;peint par Piero del Pollaiolo en 1470-1472, conservé au Musée Poldi Pezzoli à Milan. Le portrait de Julie dialogue avec le célèbre tableau de la Renaissance italienne. Le paysage dans la fenêtre et le tableautin produisent un effet de mise en abîme de la peinture.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa composition se caractérise par l’orthogonalité des lignes\u0026nbsp;: les verticales du cadre de la fenêtre et de la bande de dentelle blanche jouent avec les horizontales des bras de Julie et des cadres de la fenêtre et du petit tableau. Ces éléments apportent une importante géométrisation. Des lignes courbes comme celles du profil du visage et du dossier de la chaise renforcent l’effet de présence de Julie.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLes couleurs principales, rouge foncé et vert, rappellent certaines œuvres célèbres de maîtres flamands, comme par exemple\u0026nbsp;\u003cem\u003eLes époux Arnolfini\u003c/em\u003e\u0026nbsp;de Jan van Eyck.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eCe tableau de Louis Rivier est à la fois une référence à ses sources d’inspiration privilégiées, la Renaissance italienne et la peinture flamande du XV\u003csup\u003ee\u003c/sup\u003e\u0026nbsp;siècle ainsi qu’un clin d’œil à la grande peinture. Enchâssant un paysage et un portrait dans le tableau, cette œuvre affirme aussi une certaine puissance du peintre. Enfin de manière plus intime, elle manifeste la présence sereine de la femme aimée.\u003c/p\u003e","nb_pages":null,"patent_nb":null,"patent_url":null,"published_in":null,"height":"70.0","width":"52.0","depth":null,"cuvette_height":null,"cuvette_width":null,"assembly_height":null,"assembly_width":null,"assembly_depth":null,"state":"\u003cp\u003eBon état.\u003c/p\u003e","arrangement_comments":null,"inscription":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","technical_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLouis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (\u003cem\u003etempera all’uovo\u003c/em\u003e). «\u0026nbsp;La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVI\u003csup\u003ee\u003c/sup\u003e - XVII\u003csup\u003ee\u003c/sup\u003e siècles. ». (François Perego. 2005. \u003cem\u003eDictionnaire des matériaux du peintre\u003c/em\u003e, Paris\u0026nbsp;: Ed. Belin, p. 706).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLa recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, \u003cem\u003eLouis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande\u003c/em\u003e, p. 97).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eAu cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, «\u0026nbsp;[…] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions.\u0026nbsp;» (Francesco Sapori,\u003cem\u003e Louis Rivier\u003c/em\u003e, p. 38).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eEn 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le «\u0026nbsp;procédé spécial\u0026nbsp;», technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même en grand format et réalisées pour des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de plus de 15 années, jusqu’en 1940.\u003c/p\u003e","unknown_creation_location":false,"same_location":false,"unknown_period":false,"period_start":"1913-01-01","period_end":"1913-12-31","period_precision":"year","unknown_owner":false,"datation_comments":"\u003cp\u003eEn 1913, Julie, née en 1891 a 22 ans. Elle a déjà eu un enfant, Jean-Louis en 1912 et André, son deuxième fils, naîtra en 1914. En 1913, Louis Rivier peint\u0026nbsp;\u003cem\u003eSous-bois (Chemin du Stand)\u003c/em\u003e,\u0026nbsp;réalise les vitraux du temple de Cheseaux et une série de verrières pour l'église Saint-Jean de Cour à Lausanne. Il voyage en Toscane et en Ombrie.\u003c/p\u003e","ownership_comments":null,"origin":"","author_collaborations":[{"person":{"first_name":"Louis","surname":"Rivier"}}],"composition_type":{"label":"portrait","definition":null},"creation_locations":[{"label":"Jouxtens-Mézery","description":null}],"images":[{"rights":"closed","credits":"Arnaud Meylan","year":"2009","comments":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","role":null}],"medium":{"label":"bois ","definition":""},"owner_collaborations":[],"recipient_collaborations":[],"references":[{"page":"47","source":{"id":6,"author":"","title":"Sous la direction de Véronique MAURON, Marie-Odile VAUDOU et Marie ANDRÉ. 2013. Louis Rivier : l’intimité transfigurée, Berne, Lausanne : Till Schaap Edition, Association des Amis de Louis Rivier","edition":"","editor":"","publish_year":"","normalize_nb":""}},{"page":"101","source":{"id":5,"author":"","title":"Dario GAMBONI. 1985. 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