Numéro d’inventaire: 1992-025
Présence du monogramme de l’artiste dans un cadre décoré de quatre cercles.
Ce dessin est une étude de Titan pour la décoration de l’Aula du Palais de Rumine, à Lausanne, projet qui occupe Louis Rivier pendant plusieurs années, de 1915, début officiel des travaux, à 1923. Les Titans, ou Géants, se trouvent dans la partie arquée de la composition allégorique célébrant « La Science », située sur la grande paroi nord. Dans la frise peinte, les Titans, aux corps musclés et statuaires, sont entassés dans la frise, les uns sur les autres. Ils tentent de se libérer, de se faire de l’espace et de repousser les bords. Ils expriment cet effort physique avec des gestes puissants et des expressions faciales.
Dans ce dessin, Louis Rivier étudie la position d’un de ces Titans : l’homme repousse avec son bras droit le bord supérieur de l’arc qui le contient en se soutenant avec l’autre main, posée au sol. La jambe gauche est allongée, tandis que la droite est pliée. Ses fesses sont décollées du sol car son corps est tendu vers le haut pour essayer de se libérer. Dans l’œuvre définitive, ce Titan se trouve dans la partie supérieure de l’arcade de gauche.
Louis Rivier porte toute son attention sur l’anatomie du corps soumis à l’effort, sur les muscles en tension. Il fait preuve de maestria en choisissant une posture insolite et complexe. Les traits du visage sont, quant à eux, génériques et stylisés.
Le dessin est précis et les ombres sont exécutées d’un filet de hachures légères, mais denses. Celles-ci façonnent les volumes du corps en lui conférant la tridimensionnalité.
Le dessin occupe tout l’espace de la feuille ; dans la partie supérieure, quelques lignes courbes distinguent le bord de la frise.
Pour la représentation des Titans, Rivier s’inspire très certainement du Jugement dernier (1636-1541) de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine au Vatican, où de nombreux corps nus, à l’apparence statuaire, s’amoncellent, se chevauchent, se hissent les uns sur les autres exhibant toute leur force dans des postures dynamiques et élaborées.
Plusieurs taches jaunes.
Selon Richard Heyd, biographe de Louis Rivier, le conseiller d’Etat de l’époque, Camille Decoppet, après avoir découvert la décoration de Louis Rivier dans le temple de Mex, demanda au peintre, par le biais d’Aloys de Molin, de décorer l’Aula du Palais de Rumine. En 1911, Louis Rivier fit des propositions de décorations. Jean-Jacques Mercier s’engagea à verser à Louis Rivier une somme de 10 000 francs par an pendant six ans pour l’exécution des peintures. L’Etat de Vaud et la Ville de Lausanne s’occupèrent des frais de la mise en état du lieu. Louis Rivier n’eut plus de nouvelles jusqu’en 1913, quand un rapport et une maquette du projet furent demandés au peintre.
En janvier 1914, la maquette est présentée devant la commission et en août 1915 les travaux commencent. Le 23 octobre 1916, le panneau « Les Arts » est achevé ; en avril 1918, le panneau des « Sciences » est terminé. En janvier 1923, l’ensemble de la décoration est achevé et le 21 avril les peintures de Louis Rivier sont inaugurées officiellement. (Patrick Schaefer. 1987. L’Aula du Palais de Rumine. Le décor de Louis Rivier, Lausanne: Université de Lausanne).
- Patrick SCHAEFER. 1987. L’Aula du Palais de Rumine. Le décor de Louis Rivier, Lausanne : Université de Lausanne