Mère à l'enfant (Julie et Isabelle)
Droits:
Réservés
Crédits:
Arnaud Meylan
Année de la prise de vue:
2009
Type d'œuvre:
peinture
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature:
LOUIS RIVIER
Emplacement: —
Remarques sur la signature:

La signature est accompagnée de la date de création: 1922.

Description iconographique:

Louis Rivier représente une mère portant un bébé allongé sur ses genoux. L’enfant sourit et gigote dans le drap blanc qui l’enveloppe partiellement. La mère soutient sa tête avec le bras droit. Elle a l’air calme et pensif, elle regarde à la fois le corps nu et potelé de son enfant et un peu au-delà de cette présence physique. Elle trempe de manière nonchalante sa main gauche dans une bassine posée à ses pieds. Il s’agit du moment du bain, représenté ici de façon idéale, en pleine nature.

La mère porte un chignon et une robe rouge à manches courtes, sa tête est tournée en direction de son épaule droite, ses bras robustes et ouverts ainsi que sa posture solide dégagent une sensation de stabilité, malgré les mouvements de l’enfant.

La figure de la mère, ainsi que le drap blanc et le corps allongé du bébé dessinent un grand cercle imaginaire. Tous deux se situent au premier-plan d’un paysage idéalisé : un pré étendu, coupé par un ruisseau dont on remarque la présence grâce à un petit pont en pierre qui le traverse. Sur le même plan, deux arbres stylisés. Plus loin, on aperçoit distinctement des arbres, un verger et une chaîne de montagnes dont les couleurs et les contours sont atténués par l’atmosphère. Le ciel est très clair, avec quelques petits nuages roses, comme en fin de journée.

Intitulé Mère à l’enfant, ce tableau fait référence à un genre traditionnel de la peinture religieuse : la représentation de Marie avec Jésus. Ses sources d’inspiration sont sans doute les Madones de Raphaël. Cependant, Louis Rivier rend profane ce thème religieux en peignant les membres de sa propre famille. Sous les traits de la mère on reconnait son épouse Julie et le bébé est Isabelle, sixième enfant du couple, née en 1921. L’acte quotidien du bain rend cette composition profane mais aussi idéale car ce moment dans la nature semble plus imaginé que réel. Le caractère atemporel ou immémorial de la composition est manifeste. Le sens de ce tableau oscille ainsi entre ces deux dimensions: le peintre rend hommage à la peinture sacrée et aux grands maîtres, et, en même temps, à la vie quotidienne de sa propre famille.

Type de composition:
maternité
Dimensions (en cm)
Hauteur:
86 cm
Largeur:
65 cm
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état.

Inscription(s) notable(s): —
Technique:
détrempe
Support de l'œuvre:
bois
Commentaires techniques:

Louis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (tempera all’uovo). « La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVIe - XVIIe siècles. ». (François Perego. 2005. Dictionnaire des matériaux du peintre, Paris : Ed. Belin, p. 706).

La recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, p. 97).

Au cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, « […] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions. » (Francesco Sapori, Louis Rivier, p. 38).

En 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le « procédé spécial », technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même en grand format et réalisées pour des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de plus de 15 années, jusqu’en 1940.

Lieux de création:
Mathod
Lieu de conservation:
Collection privée
Provenance:
Succession Isabelle Verrey
Date de création:
1922
Commentaires sur le lieu et la datation:

En 1922, le peintre habite à Jouxtens, mais commence à séjourner dans la maison familiale de Mathod. Le paysage avec plaine et collines peut s'inspirer de celui de la plaine de l'Orbe.

Cette même année, il expose au Musée Arlaud à Lausanne avec d’autres membres de la Société vaudoise des Beaux-Arts, au Comptoir suisse de Lausanne dans l’Exposition nationale d’art appliqué et, à Paris, il participe au Salon de la Nationale. Il réalise les vitraux du temple de La Neuveville.

Éléments liés:
Bibliographie
  • Sous la direction de Véronique MAURON, Marie-Odile VAUDOU et Marie ANDRÉ. 2013. Louis Rivier : l’intimité transfigurée, Berne, Lausanne : Till Schaap Edition, Association des Amis de Louis Rivier, p.52