Ce dessin à la mine de plomb appartient à un carnet consacré à la décoration de l’église de Mex. Toutefois, cette scène ne figure pas dans la frise décorative réalisée en 1908-1909 dans le temple vaudois.
Le dessin représente une mère à l’enfant, ici une scène profane inspirée par un sujet religieux traditionnel en peinture. Les œuvres célèbres de Raphaël et Léonard de Vinci sont des sources d’inspiration pour Louis Rivier qui en reprend la typique composition pyramidale : la tête de la figure féminine correspond à la pointe du triangle et la base au drapé de sa robe.
Les traits de crayon se croisent et s’entrecroisent pour tisser un filet dense, riche et doux. Les bras et les épaules de la mère ainsi que la courbe du dos de l’enfant dessinent un cercle imaginaire transmettant une idée de rondeur et de protection. Le corps féminin transparaît sous les plis du vêtement, un peu comme dans les études de draperies dessinées par Léonard de Vinci.
Quelques traits horizontaux esquissent l’espace où la mère est assise.
Très bon état.
Entre 1908 et 1909, Louis Rivier décore le temple de Mex qui est sa première commande pour une œuvre murale dans un lieu de culte. Il voyage en Belgique où il est très impressionné par L’Adoration de l’Agneau mystique des frères van Eyck, et se rend en Italie. Il suit des cours d’anatomie et de dissection à l’Ecole de médecine de Lausanne.
- Sous la direction de Véronique MAURON, Marie-Odile VAUDOU et Marie ANDRÉ. 2013. Louis Rivier : l’intimité transfigurée, Berne, Lausanne : Till Schaap Edition, Association des Amis de Louis Rivier, p.12