Cycle décoratif du temple de Broye
Droits:
Réservés
Crédits:
Domaines & Bâtiments, Prilly
Année de la prise de vue:
2019
Droits:
Réservés
Crédits:
Domaines & Bâtiments, Prilly
Année de la prise de vue:
2019
Droits:
Réservés
Crédits:
Domaines & Bâtiments, Prilly
Année de la prise de vue:
2019
Droits:
Réservés
Crédits:
Domaines & Bâtiments, Prilly
Année de la prise de vue:
2019
Droits:
Réservés
Crédits:
Domaines & Bâtiments, Prilly
Année de la prise de vue:
2019
Droits:
Réservés
Crédits:
Domaines & Bâtiments, Prilly
Année de la prise de vue:
2019
Type d'œuvre:
peinture murale
Auteur:
Louis Rivier
Transcription de signature: —
Emplacement: —
Remarques sur la signature: —
Description iconographique:

Louis Rivier réalise le décor du temple de Broye à Prilly (canton de Vaud en Suisse). Ses peintures murales occupent l’ensemble des murs et de la voûte de l’édifice : elles mettent en scène une version personnelle de l’Avènement du Christ à la fin des temps, dans une Jérusalem imaginaire en ajoutant la présence des ressuscités qui l’acclament. 

Le Christ est au centre de la composition. Son corps est en position frontale, son visage penche légèrement vers le bas comme s’il s’approchait spirituellement des fidèles. En même temps, il écarte les bras dans un geste d’accueil et de bénédiction. Il est vêtu d’une longue tunique rose et jaune clair. Il porte de longs cheveux châtains, une courte barbe et sa tête est entourée d’une auréole flamboyante, constituée de plusieurs rayons de lumière orange vif. 

Le Christ se tient en haut d’un escalier peint en trompe l’œil au-dessus de la chaire en bois, dans le chœur. Une enceinte en pierre claire, surmontée d’une décoration dorée très élaborée, est peinte en trompe l’œil à l’arrière de nombreux personnages et elle court le long des murs pour structurer l’ensemble des scènes. Au-dessus et au-delà de l’enceinte, Rivier peint un jardin paradisiaque composé d’une riche végétation. Quelques coupoles orientalisantes font aussi leur apparition, symbolisant la vision céleste de Jérusalem. Le paysage se détache d’un ciel bleu azur traversé par un très long nuage torsadé. Ce dernier court aussi le long des murs créant une sorte de frise surmontant et unifiant la composition. 

Environ 250 figures sont peintes dans la moitié inférieure de la composition. Elles constituent une foule dense et colorée. On remarque en particulier : les ressuscités, pour la plupart habillés en blanc, qui acclament le Christ avec des gestes des mains et des bras, et dont les expressions signifient allégresse et excitation. On voit encore le groupe des jeunes musiciens, habillés de tuniques aux couleurs pastel, les anges aux grandes ailes plumées qui indiquent le Christ aux enfants.

Les enfants sont très présents dans l’ensemble de la scène. Ils sont peints avec une attention particulière portée aux gestes et aux postures. Ils semblent tous capturés lors d’un instant précis de leur quotidien et n’apparaissent jamais comme figés : l’un s’accroche à l’aile d’un ange, deux autres se serrent dans les bras, l’un chante, l’autre regarde curieux son compagnon qui se fait rassurer par un ange. Parmi ces figures, certaines sont vêtues d’habits simples et colorés, plutôt communs. Il s’agit vraisemblablement des vivants qui retrouvent leurs chers ressuscités - d’où leurs expressions gaies et soulagées. 

Le balcon de la galerie avec l’orgue est, quant à lui, décoré de deux grands anges : à l’horizontale, planant, ils volent en unissant leurs mains. 

L’atmosphère est festive et chaleureuse. Les couleurs pastel des habits, des ailes, de l’architecture accentuent cette impression de sérénité et d’allégresse. Les couleurs principales sont : rose, jaune, bleu azur, vert amande, rouge, rouge bordeaux. Le blanc des tuniques et des nuages illumine la composition. La palette pastel reprend celle de la décoration de l’Aula du palais de Rumine (1911-1923).

La lumière est étale. Les rares ombres se concentrent sur les drapés : elles soulignent les volumes des tissus en leur conférant parfois un aspect sculptural. 

Ce décor figuratif à caractère narratif et se déployant sur une vaste surface est une singularité pour un temple protestant. Par son geste radical à l’église Saint-Jean de Cour à Lausanne (1914-1915), Rivier a réintroduit et imposé la figuration dans la peinture religieuse protestante. Ici, la composition saint-sulpicienne vise à susciter la piété et la dévotion.

Type de composition:
composition religieuse
Dimensions (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
Dimensions montage (en cm)
Hauteur: —
Largeur: —
Profondeur: —
État de l'œuvre:

Bon état.

Suite à un incendie survenu en 1979, les peintures de Louis Rivier ont été restaurées de manière importante. 

Commentaires sur la disposition de l'œuvre:

Une fausse voûte a été construite en remplacement du plafond pour pouvoir répondre aux exigences du projet décoratif de Louis Rivier.

Inscription(s) notable(s):

Lors de la restauration du temple de Broye, suite à l’incendie de 1979, deux citations bibliques, qui se situaient au niveau des fenêtres, et qui expliquaient le sens de l’ensemble du décor de Rivier, ont disparu. 

Technique:
détrempe
Support de l'œuvre:
mur préparé
Commentaires techniques:

Louis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (tempera all’uovo). « La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVIe - XVIIe siècles. ». (François Perego. 2005. Dictionnaire des matériaux du peintre, Paris : Ed. Belin, p. 706).

La recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, p. 97).

Au cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, « […] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions. » (Francesco Sapori, Louis Rivier, p. 38).

En 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le « procédé spécial », technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même dans les grands formats des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de deux décennies, jusqu’en 1940.

Lieux de création:
Temple de Broye, Prilly
Lieu de conservation:
Lieu de conservation identique au lieu de création
Provenance: —
Date de création:
1927
Commentaires sur le lieu et la datation:

En 1927, à la suite de la décoration du temple de Prilly, Louis Rivier part pour l’Italie et visite Venise. Il peint La Toilette et le Paysage avec Dents du Midi et arbres en fleurs. Il poursuit la décoration de l’église grecque orthodoxe de Lausanne (décoration du tambour et de la coupole). Il réalise les vitraux pour le temple de Cronay. Son livre, Le Peintre Paul Robert, est publié.

Type de contrat:
commande
Commentaires sur la propriété:

« Le Temple de Broye a été construit en 1765 selon les plans de l'architecte Gabriel Delagrange, sous la direction de Rodolphe de Crousaz, seigneur de Mézery. Ce lieu de culte protestant est propriété de la commune de Prilly pour 3/4 et de la commune de Jouxtens-Mézery pour 1/4. En 2012, divers travaux de restauration extérieurs et intérieurs ont été entrepris, ainsi que le remplacement de l'orgue et la modification de la galerie. » (Site internet : prilly.ch consulté en juillet 2022)

Bibliographie
  • Site internet: Prilly.ch