{"id":352,"created_at":"2023-01-15T12:24:33.447Z","updated_at":"2023-01-31T20:00:48.358Z","created_by_id":3,"updated_by_id":4,"status":"draft","signature_transcription":"LOUIS RIVIER","no_signature":false,"signature_comments":"\u003cp\u003eLa signature, à l'encre brun, est à peine visible car partiellement effacée par des marques d'humidité.\u003c/p\u003e","unknown_author":false,"no_title":false,"title":"Le Jour du Jugement","description":"\u003cp\u003eCe tableau de Louis Rivier représente le «\u0026nbsp;Jour du Jugement\u0026nbsp;», c’est-à-dire, le jour où, à la fin des temps, les hommes sont convoqués devant Dieu pour être jugés de leurs vies.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eIl s’agit d’un sujet iconographique\u0026nbsp;connu dans l’histoire de\u0026nbsp;l’art. Dans la version de Louis Rivier, Dieu ne figure pas dans la composition. Le peintre focalise son attention sur les jugés\u0026nbsp;: hommes et femmes ressuscités. Les anges sont aussi présents\u0026nbsp;: ils guident, poussent, tirent les humains\u0026nbsp;dans un mouvement\u0026nbsp;d’agitation générale. La plupart des regards se tournent vers un point situé hors champ, sur la droite. Louis Rivier laisse ainsi imaginer la présence de Dieu dans ce lieu\u0026nbsp;invisible du spectateur.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa scène se déroule dans un paysage\u0026nbsp;champêtre harmonieux\u0026nbsp;: des\u0026nbsp;pentes\u0026nbsp;douces, des arbres aux cimes abondantes, un ciel bleu traversé par quelques nuages. Cependant, la prairie est ponctuée de pierres tombales, de cercueils et de croix, parfois renversés. Au premier plan, le terrain est retourné. Hommes et femmes, jeunes et vieillards, font leur apparition. Certains sont nus, d’autres partiellement recouverts de draps blancs. Tous exhibent des corps musclés, d’une beauté idéalisée. Cependant, leurs traits physionomiques sont durs, volontairement disgracieux, comme éprouvés par la période d’enterrement. Parmi les différents\u0026nbsp;personnages mortels,\u0026nbsp;Louis Rivier représente un petit enfant\u0026nbsp;grimpant à quatre pattes un monticule. Les anges, quant à eux, affichent des expressions sereines, tout en s’adonnant à des taches physiques\u0026nbsp;: soulever, déshabiller, tirer. Certains jouent de la\u0026nbsp;trompette.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eCorps volants, bras, jambes, pierres tombales, ailes, troncs d’arbres et nuages tracent des diagonales orientées dans plusieurs directions, comme si l’absence d’un centre, coïncidant d’habitude avec la présence divine, générait ce tourbillon de figures. Tout est mouvement.\u0026nbsp;La composition se stabilise toutefois en fonction de la jeune femme nue étendue sur un drap soulevé comme un hamac. Celle-ci traverse l’espace en une spectaculaire diagonale.\u0026nbsp;Les points de vue se multiplient, mais les regards amènent un peu d’ordre. En effet, l’orientation de ces derniers vers la droite est une invitation à regarder au-delà du tableau, vers un espoir ou une condamnation\u0026nbsp;: à s’éloigner du désordre en quête d’un «\u0026nbsp;jugement dernier\u0026nbsp;».\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa gamme chromatique est vive :\u0026nbsp;dominent les rose et beige des corps nus, le marron des cercueils et du terrain.\u0026nbsp;Le rouge garance\u0026nbsp;est aussi très présent, tout comme le blanc des tuniques, des nuages et de la barbe du vieillard central. Un vêtement bleu ajoute de la variété.\u0026nbsp;Le paysage affiche une richesse de verts\u0026nbsp;: vert prairie, vert clair, vert olive. Notons le surréalisme des nuages très dessinés.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa lumière est vive et étale, les ombres modèlent de manière marquée\u0026nbsp;le modelé\u0026nbsp;des corps,\u0026nbsp;les plis des tissus, ainsi que les gonflements des nuages.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe caractère narratif propre à d’autres compositions religieuses de Louis Rivier est ici animé par\u0026nbsp;l’impétuosité des situations, des corps et des gestes. Dans ce tableau, Louis Rivier explore des registres très différents et contrastés. L’académisme des corps nus cohabite avec le style expressionniste des visages et des expressions faciales. La tragédie est exaspérée à tel point qu’elle devient théâtrale et presque caricaturale. Peut-on y lire une note vaguement comique\u0026nbsp;?\u003c/p\u003e","nb_pages":null,"patent_nb":null,"patent_url":null,"published_in":null,"height":null,"width":null,"depth":null,"cuvette_height":null,"cuvette_width":null,"assembly_height":"201.0","assembly_width":"320.0","assembly_depth":null,"state":"\u003cp\u003eBon état.\u003c/p\u003e","arrangement_comments":null,"inscription":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","technical_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLouis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (\u003cem\u003etempera all’uovo\u003c/em\u003e). «\u0026nbsp;La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVI\u003csup\u003ee\u003c/sup\u003e - XVII\u003csup\u003ee\u003c/sup\u003e siècles. ». (François Perego. 2005. \u003cem\u003eDictionnaire des matériaux du peintre\u003c/em\u003e, Paris\u0026nbsp;: Ed. Belin, p. 706).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLa recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, \u003cem\u003eLouis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande\u003c/em\u003e, p. 97).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eAu cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, «\u0026nbsp;[…] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions.\u0026nbsp;» (Francesco Sapori, \u003cem\u003eLouis Rivier\u003c/em\u003e, p. 38).\u003c/p\u003e\u003cp\u003eEn 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le «\u0026nbsp;procédé spécial\u0026nbsp;», technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même en grand format et réalisées pour des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de plus de 15 années, jusqu’en 1940.\u003c/p\u003e","unknown_creation_location":false,"same_location":false,"unknown_period":true,"period_start":null,"period_end":null,"period_precision":null,"unknown_owner":false,"datation_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eCe tableau est une œuvre qui doit vraisemblablement dater du début des années 1920, lorsque Louis Rivier travaille à la décoration de l’Aula du Palais de Rumine, où figurent de nombreux nus idéalisés. On peut rapprocher le style de ce tableau à celui de l’\u003cem\u003eOdalisque\u003c/em\u003e\u0026nbsp;de 1925.\u003c/p\u003e","ownership_comments":null,"origin":"","author_collaborations":[{"person":{"first_name":"Louis","surname":"Rivier"}}],"composition_type":{"label":"composition religieuse","definition":null},"creation_locations":[{"label":"Jouxtens-Mézery","description":null}],"images":[{"rights":"closed","credits":"Stiftung für Kunst, Kultur und Geschichte - SKKG","year":"2020","comments":"\u003cp\u003eNuméro d'inventaire : 07826\u003c/p\u003e","role":null}],"medium":{"label":"toile","definition":""},"owner_collaborations":[],"recipient_collaborations":[],"references":[],"dst_related_sheets":[],"src_related_sheets":[],"signature_positions":[{"label":"au recto"},{"label":"en bas"},{"label":"au centre"}],"storage_location":{"label":"Stiftung für Kunst, Kultur und Geschichte, Winterthur","description":null},"technique":{"label":"détrempe","definition":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e"},"work_type":{"label":"peinture","definition":null},"iconography_keywords":[{"label":"religion","definition":null},{"label":"Bible","definition":null},{"label":"Apocalypse","definition":null},{"label":"foule","definition":null},{"label":"drap","definition":null},{"label":"résurrection","definition":null},{"label":"étonnement","definition":null},{"label":"instruments de musique","definition":null},{"label":"pierres","definition":null},{"label":"anatomie","definition":null},{"label":"ailes","definition":null},{"label":"mort","definition":null},{"label":"anges","definition":null},{"label":"marbre","definition":null},{"label":"tombeau","definition":null},{"label":"tunique","definition":null},{"label":"barbe","definition":null},{"label":"croix","definition":null},{"label":"lèvres entrouvertes","definition":null},{"label":"enfants","definition":null},{"label":"collines","definition":null},{"label":"théâtralité","definition":null},{"label":"herbe","definition":null},{"label":"caricature","definition":null},{"label":"allégorie","definition":null},{"label":"arbres","definition":null},{"label":"nuages","definition":null},{"label":"boucles blondes","definition":null},{"label":"nu","definition":null}],"formal_keywords":[{"label":"académisme","definition":null},{"label":"clair-obscur","definition":null},{"label":"hors-champ","definition":null},{"label":"lumière vive","definition":null},{"label":"idéalisation","definition":null},{"label":"perspective","definition":null},{"label":"modelé","definition":null},{"label":"carnation","definition":null},{"label":"drapé","definition":null},{"label":"couleurs vives","definition":null},{"label":"rouge garance","definition":null},{"label":"blanc","definition":null},{"label":"beige","definition":null},{"label":"marron","definition":null},{"label":"vert clair","definition":null},{"label":"vert prairie","definition":null},{"label":"vert olive","definition":null},{"label":"bleu azur","definition":null},{"label":"bleu clair","definition":null}]}