Présence du monogramme de l'artiste.
Il s’agit d’une étude préparatoire pour le duo « L’homme éveillé par la Poésie », une des scènes décorant l’Aula du Palais de Rumine, à Lausanne (panneau consacré aux Arts, côté sud). Ce projet décoratif occupa Louis Rivier du début des travaux en 1915 jusqu’en 1923.
Louis Rivier dessine une figure masculine nue, en position mi-allongée, la tête soutenue par l’index de sa main droite. Il s’agit du personnage incarnant l’Etre humain. La jambe gauche est repliée et entourée par son bras gauche, la main s’accroche au mollet. Le jeune homme a les cheveux bouclés, un joli profil caractérisé par un nez droit et des lèvres charnues. Il a l’air apaisé et serein. Dans la peinture de l’Aula du Palais de Rumine, son regard s’adresse à la Poésie qui, sous la forme d’une jeune femme, vient l’éveiller avec une baguette magique.
Le corps du jeune homme est idéalisé et a une apparence sculpturale. Les traits du visage sont stylisés et n’ont aucune intention réaliste. Grace à des hachures répétées et légères, formant des filets imperceptibles, Louis Rivier rend le modelé du corps et de sa musculature. Le contour de la silhouette est accentué grâce à des traits superposés, plus marqués. Les cheveux sont dessinés d’une manière libre et spontanée, avec toutefois une attention particulière au rendu des ombres et à l’effet tactile procuré par les boucles. Rivier prête une attention particulière à l’exactitude anatomique (proportions, jointures, muscles) tout en esquissant de manière assez libre les différentes parties du corps. Ce jeune homme nu à la position mi-couchée, nonchalante a pour modèle l’Adam de Michel-Ange peint dans la Chapelle Sixtine à Rome.
En bas à gauche du dessin, de forme ovale, on aperçoit une deuxième esquisse : il s’agit d’un détail du profil.
De L’Eveil à la Poésie, Il existe une version peinte en un tableau, une détrempe sur toile, réalisée en 1912 par Rivier.
Bon état.
A Gaston de Jongh [Souv. affect et reconnaissant] Louis Rivier oct. 1923
[recto, en bas, à droite, sur montage].
Don de Mr Gaston de Jongh sept 1968 [verso, en haut, à gauche].
« Le don par Rivier de ce dessin à G. de Jongh est à relier à la publication en 1924 d'une brochure relative aux peintures de Louis Rivier pour l'Aula du Palais de Rumine. G. de Jongh était le photographe chargé des prises de vues » (informations transmises par le Musée historique de Lausanne).
Selon Richard Heyd, biographe de Louis Rivier, le conseiller d’Etat de l’époque, Camille Decoppet, après avoir découvert la décoration de Louis Rivier dans le temple de Mex, demanda au peintre, par le biais d’Aloys de Molin, de décorer l’Aula du Palais de Rumine. En 1911, Louis Rivier fit des propositions de décorations. Jean-Jacques Mercier s’engagea à verser à Louis Rivier une somme de 10 000 francs par an pendant six ans pour l’exécution des peintures. L’Etat de Vaud et la Ville de Lausanne s’occupèrent des frais de la mise en état du lieu. Louis Rivier n’eut plus de nouvelles jusqu’en 1913, quand un rapport et une maquette du projet furent demandés au peintre.
En janvier 1914, la maquette est présentée devant la commission et en août 1915 les travaux commencent. Le 23 octobre 1916, le panneau « Les Arts » est achevé ; en avril 1918, le panneau des « Sciences » est terminé. En janvier 1923, l’ensemble de la décoration est achevé et le 21 avril les peintures de Louis Rivier sont inaugurées officiellement. (Patrick Schaefer, L’Aula du Palais de Rumine. Le décor de Louis Rivier).
- Fiche 295 - La Poésie
- Fiche 293 - L’homme éveillé par la Poésie
- Fiche 254 - L’homme éveillé par la Poésie
- Fiche 268 - Poésie
- Fiche 193 - L'Eveil à la poésie
- Dario GAMBONI. 1985. Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, Lausanne: Payot , p.100-101
- Patrick SCHAEFER. 1987. L’Aula du Palais de Rumine. Le décor de Louis Rivier, Lausanne : Université de Lausanne