{"id":355,"created_at":"2023-01-15T13:02:30.218Z","updated_at":"2023-01-31T13:00:53.368Z","created_by_id":4,"updated_by_id":4,"status":"draft","signature_transcription":"LOUIS RIVIER","no_signature":false,"signature_comments":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","unknown_author":false,"no_title":false,"title":"La Vierge au chanoine","description":"\u003cp\u003eLouis Rivier peint un trio composé d’une Vierge à l’enfant et d’un homme adulte, les mains jointes en prière. Marie est figurée comme une jeune femme, habillée de vêtements somptueux\u0026nbsp;: une robe rouge garance à manches longues et une cape\u0026nbsp;bleu canard\u0026nbsp;fixée sous le cou avec une épingle\u0026nbsp;à pierre d’émeraude\u0026nbsp;entourée d’un bord doré. Une chemise blanche, aux ourlets plissés, apparaît sous les manches de la robe. Marie porte de longs cheveux ondulés châtain clair lui tombant sur le devant jusqu’au flanc et lui couvrant un bras. Le coude gauche sort du cadre. Les traits de son visage sont délicats\u0026nbsp;: un nez droit, des sourcils bien dessinés, des lèvres en forme de cœur, des yeux aux longs cils, un front ample et dégagé. Ses bras sont pliés et levés car ils maintiennent le petit Jésus. Ce dernier est assis sur son épaule droite et il est en train de poser une couronne sur sa tête. La facture de celle-ci est élaborée\u0026nbsp;: des motifs floraux entrecroisés sertissent de nombreuses perles blanches. Le «\u0026nbsp;Couronnement de la Vierge\u0026nbsp;» est un thème classique de l’iconographie traditionnelle religieuse, raconté dans les textes apocryphes. La Vierge, montant aux cieux, est couronnée par les anges. Ici, Louis Rivier réinterprète l’épisode comme s’il s’agissait d’une scène\u0026nbsp;quotidienne et familiale, un jeu entre une mère et son enfant.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eJésus est un bébé nu et potelé âgé d’environ un an. Il se tient bien droit, le buste de face, les jambes légèrement pliées et le visage de trois-quarts orienté vers le sommet de la tête de sa mère.\u0026nbsp;Son pied droit comporte six orteils, détail qui se retrouve aussi dans le pied droit de Joseph peint dans une chapelle du temple de Villeneuve (1936).\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eMarie est vraisemblablement assise. L’homme adulte est un chanoine\u0026nbsp;: figure qui donne son titre à l’œuvre. Il est très certainement agenouillé, buste et visage de trois-quarts, orientés vers le duo. Il est représenté jusqu’à la poitrine, le bras gauche est caché et le bras droit sort du cadre. Ses mains jointes, aux doigts courts et trapus, surgissent du bord inférieur de la composition. Le chanoine porte un manteau de fourrure marron fermé sur le devant et laissant apparaitre un col blanc montant, typique des ecclésiastiques. Ses cheveux sont coupés très courts et se joignent à la barbe\u0026nbsp;rasée mais signalée par un pointillisme\u0026nbsp;gris foncé. Ses lèvres sont charnues, son nez à peine aquilin et ses yeux sont mi-clos, asymétriques et surmontés de sourcils touffus. Deux bagues en or ornent son annulaire et son auriculaire.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLes silhouettes des trois figures dessinent un triangle imaginaire, dont la pointe, décalée vers la droite, coïncide avec la tête de Jésus.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eDerrière les épaules du chanoine, et à la hauteur du ventre de Marie, on entrevoit un parapet blanc. Une sorte de muret sépare les trois personnages du paysage à l’arrière-plan. Ce dernier est constitué d’un terrain brun et ocre annonçant une petite colline sur laquelle se trouvent des habitations aux toits en pentes que l’on trouve dans la campagne vaudoise. Deux groupes de villageois gravissent un chemin rose. Des arbres aux cimes rondes se dressent. Sur la droite, une rangée d’arbres accentue la courbe de la colline.\u0026nbsp;Derrière Marie est tendu un tissu vert clair, sans doute un détail emprunté aux Madones vénitiennes de Giovanni Bellini.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe ciel est bleu azur, traversé par une légère brume, et des nuages à l’aspect vaporeux. La lumière est étale et les rares ombres façonnent les plis des habits en valorisant leur matière et leur consistance\u0026nbsp;: l’aspect soyeux de la robe de Marie et la douceur de la fourrure portée par le chanoine.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eTrois couleurs principales, le rouge, le bleu et le marron, sont déclinés par le peintre en de nombreuses nuances\u0026nbsp;: rose, ocre, bleu azur, bleu canard, orangé.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa nature champêtre et villageoise du paysage contraste avec la somptuosité et la richesse des habits de Marie et du chanoine. La nudité de Jésus est choisie en raison de l’iconographie traditionnelle, mais s’oppose, elle aussi, aux\u0026nbsp;fastueux vêtements et bijoux de deux adultes. Cette composition de Louis Rivier s’inspire très certainement de\u0026nbsp;\u003cem\u003eLa Vierge au chanoine Van der Paele\u003c/em\u003e\u0026nbsp;de Jan Van Eyck (1434-1436, Bruges). Dans l’œuvre de Rivier on retrouve la même attention portée au rendu des matières, aux riches étoffes des vêtements de Marie, à la combinaison\u0026nbsp;des couleurs rouge et bleu canard, à la chevelure de la Vierge, à la délicatesse de ses traits, à la nudité de Jésus et, bien évidemment, à la présence du chanoine. Son visage est une réinterprétation de celui de Van Eyck\u0026nbsp;: même peau flasque des joues, même position agenouillée, même expression sérieuse et absorbée.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eRivier rivalise avec son Maître\u0026nbsp;dans le rendu des détails, dans le réalisme de la carnation\u0026nbsp;et du rendu des matières, comme l’or et les perles de la couronne ainsi que la fourrure du chanoine.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa même double tension (d’un côté l’effet tactile procuré par le rendu des matières et la précision de l’incarnat et, de l’autre, l’artificialité de la situation, des postures et des gestes) se retrouve de façon générale dans la peinture flamande, source d’inspiration pour Rivier.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLes trois figures, liées et unies par le peintre, sont toutefois isolées\u0026nbsp;: leurs regards et leurs gestes ne se rencontrent pas. Cependant, le format presque carré et le cadrage plutôt serré confèrent à la composition une certaine intimité\u0026nbsp;; cette sensation est accrue par la présence du parapet qui sépare le groupe principal,\u0026nbsp;sacré, du paysage profane environnant. Cette œuvre devient une icône qui incite non seulement à la contemplation esthétique mais sans doute aussi à la prière.\u003c/p\u003e","nb_pages":null,"patent_nb":null,"patent_url":null,"published_in":null,"height":"70.8","width":"69.8","depth":null,"cuvette_height":null,"cuvette_width":null,"assembly_height":null,"assembly_width":null,"assembly_depth":null,"state":"\u003cp\u003eBon état.\u003c/p\u003e","arrangement_comments":null,"inscription":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","technical_comments":"\u003cp\u003eLe «\u0026nbsp;procédé spécial\u0026nbsp;» est une technique personnelle élaborée par Louis Rivier. Le peintre se sert principalement de crayons de couleur,\u0026nbsp;craies,\u0026nbsp;diluants et gommes. Richard Heyd, biographe officiel de Louis Rivier, décrit ainsi sa méthode\u0026nbsp;: «\u0026nbsp;[Il] enroule autour de son doigt un chiffon au moyen duquel il fait disparaitre entièrement les traits de crayons\u0026nbsp;; la matière gagnera ainsi en homogénéité et son éclat deviendra comparable à celui de la peinture sur émail » (Richard Heyd, \u003cem\u003eRivier\u003c/em\u003e, p. 156). Dès 1938, Louis Rivier en fera sa technique privilégiée.\u003c/p\u003e","unknown_creation_location":false,"same_location":false,"unknown_period":false,"period_start":"1944-01-01","period_end":"1944-12-31","period_precision":"year","unknown_owner":false,"datation_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eL’année\u0026nbsp;1944 est ponctuée de nombreuses expositions :\u0026nbsp;\u003cem\u003el’Exposition de la Corporation romande des arts\u003c/em\u003e, en février, à Neuchâtel\u0026nbsp;;\u0026nbsp;\u003cem\u003el’Exposition Louis Rivier\u003c/em\u003e, du 24 juin au 22 juillet, à la galerie du Capitole à Lausanne\u0026nbsp;;\u0026nbsp;\u003cem\u003eLes peintres du Léman\u003c/em\u003e, du 17 juin au 24 septembre, au Musée cantonal des Beaux-Arts à Lausanne. Au Comptoir suisse, Louis Rivier participe au\u0026nbsp;\u003cem\u003eTroisième Salon de Lausanne\u003c/em\u003e, du 9 au 24 septembre.\u003c/p\u003e\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","ownership_comments":null,"origin":"","author_collaborations":[{"person":{"first_name":"Louis","surname":"Rivier"}}],"composition_type":{"label":"composition religieuse","definition":null},"creation_locations":[{"label":"Mathod","description":null}],"images":[{"rights":"closed","credits":"Musée Jenisch Vevey","year":"","comments":"\u003cp\u003eNuméro d'inventaire: 331.\u003c/p\u003e","role":null}],"medium":{"label":"papier vélin filigrané crème, contrecollé sur pavatex","definition":""},"owner_collaborations":[],"recipient_collaborations":[],"references":[{"page":"130","source":{"id":5,"author":"","title":"Dario GAMBONI. 1985. Louis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande, Lausanne: Payot ","edition":"","editor":"","publish_year":"","normalize_nb":""}}],"dst_related_sheets":[],"src_related_sheets":[],"signature_positions":[{"label":"au recto"},{"label":"en bas"},{"label":"à droite"}],"storage_location":{"label":"Collection privée, dépôt Musée Jenisch, Vevey","description":null},"technique":{"label":"procédé spécial et pointe de métal","definition":null},"work_type":{"label":"peinture","definition":null},"iconography_keywords":[{"label":"Marie","definition":null},{"label":"Jésus","definition":null},{"label":"voile","definition":null},{"label":"intimité ","definition":null},{"label":"bijoux","definition":null},{"label":"bague","definition":null},{"label":"paysage","definition":null},{"label":"maison","definition":null},{"label":"architecture","definition":null},{"label":"village","definition":null},{"label":"arbres","definition":null},{"label":"maternité ","definition":null},{"label":"fourrure ","definition":null},{"label":"vêtements somptueux","definition":null},{"label":"quotidien","definition":null},{"label":"enfants","definition":null},{"label":"campagne","definition":null},{"label":"chevelure","definition":null},{"label":"cape","definition":null}],"formal_keywords":[{"label":"plan rapproché","definition":null},{"label":"cadrage serré","definition":null},{"label":"peinture vénitienne","definition":null},{"label":"peinture flamande ","definition":null},{"label":"Jan van Eyck","definition":null},{"label":"rendu des matières","definition":null},{"label":"rouge","definition":null},{"label":"bleu canard","definition":null},{"label":"ocre","definition":null},{"label":"orangé","definition":null},{"label":"rose","definition":null},{"label":"marron","definition":null},{"label":"or","definition":null}]}