{"id":358,"created_at":"2023-01-25T11:13:03.833Z","updated_at":"2023-01-31T13:16:56.225Z","created_by_id":3,"updated_by_id":4,"status":"draft","signature_transcription":"LOUIS RIVIER","no_signature":false,"signature_comments":"\u003cp\u003eLa signature est accompagnée de la date de création: 1925.\u003c/p\u003e","unknown_author":false,"no_title":false,"title":"Triomphe de la Mort","description":"\u003cp\u003eIl s’agit d’un triptyque à caractère allégorique représentant le Triomphe de la Mort.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe panneau central, dont le bord supérieur est bombé, représente un estropié avec une béquille,\u0026nbsp;trois\u0026nbsp;personnes vraisemblablement aveugles dont une jouant de la guitare,\u0026nbsp;une personne agenouillée et implorante, levant les bras au ciel,\u0026nbsp;une jeune fille s’accrochant à un vieillard, un homme armé d’un fusil, une jeune femme nue soutenue par une autre femme habillée chaudement. Dans le coin inférieur et gauche, un chien noir grogne et montre ses crocs pointus.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe panneau de gauche représente un homme creusant dans la terre avec une pelle, un enfant cueillant des marguerites, une femme s’approchant de lui comme pour l’enlever, une mère embrassant son fils et un vieillard s’échappant. On voit également une femme élégamment vêtue, l’air effrayée, accompagnée d’un jeune homme habillé, lui aussi, de manière recherchée. Deux aigles planent au-dessus de leurs têtes.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe panneau de droite figure\u0026nbsp;l’allégorie de la Mort. Un personnage au visage squelettique descend de son cheval et brandit une longue épée. Il porte une longue tunique rouge garance, dotée d’une capuche et d’une cape. Un foulard blanc qui lui recouvre la bouche. Il chausse des bottes en cuir marron\u0026nbsp;; une corde est nouée autour de ses hanches.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eA l’arrière-plan des trois compositions, on\u0026nbsp;retrouve\u0026nbsp;le même paysage\u0026nbsp;:\u0026nbsp;des collines arides, des montagnes bleutées\u0026nbsp;à l’horizon, un ciel\u0026nbsp;bleu clair\u0026nbsp;traversé par de nombreux cumulus. A l’arrière-plan du panneau de la Mort, accrochée à une colline, on voit également un clocher d’église. Quelques arbres\u0026nbsp;vert malachite et vert clair complètent le paysage.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe terrain sur lequel les personnages se tiennent est\u0026nbsp;aride parsemé d’une herbe rase, avec des entassements de pierres grises.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eAu travers de tous ces personnages, Louis Rivier représente différentes catégories sociales et humaines en explorant leurs réactions face à la mort. Dans le panneau central, par exemple, on voit le personnage handicapé acclamer et presque appeler la mort pour qu’elle vienne le soulager. Le groupe d’aveugles avec la vieille femme agenouillée chante une créature encore invisible qui ne l’effraye pas.\u0026nbsp;Par contre, la jeune fille nue\u0026nbsp;s’évanouit\u0026nbsp;face à un destin qu’elle n’imaginait pas et le jeune homme vigoureux brandit une arme pour tenter l’impossible. Une jeune fille s’accroche à un vieillard, figure imposante et rassurante, qui regarde avec fatalisme la mort. La jeune femme habillée, une infirmière probablement, observe avec impassibilité la venue de la mort, occupée à soigner la jeune fille qui lui a été confiée.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eDans le panneau de gauche, l’enfant insouciant\u0026nbsp;s’oppose\u0026nbsp;à la mère effrayée\u0026nbsp;; l’homme résigné creuse sa tombe, alors que le jeune couple surpris lors d’une fête regarde la mort avec terreur. Une mère et son enfant s’embrassent avec amour pour profiter des derniers instants. Un homme âgé tente de fuir malgré l’évidence de son destin.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eL’allégorie de la Mort est, quant à elle, à la fois abstraite et terrifiante. Avec son cheval, elle s’apparente à une statue équestre. Louis Rivier réduit au minimum toute expression en lui couvrant la tête et la bouche.\u0026nbsp;Elle est anonyme, non identifiable. Sa pose est figée bien que l’action entreprise (la descente du cheval) suggère un mouvement.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa gamme chromatique est sombre,\u0026nbsp;composée d’une variété de bruns mais éclairée de manière vive et presque violente par\u0026nbsp;le rouge garance qui rehausse les trois compositions en y jetant une touche sanguinolente. Le vert foncé de la végétation, le blanc d’une jupe et des nuages ainsi que le bleu clair du ciel complètent la palette.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa lumière est étale et les ombres sont surtout présentes au niveau des plis des habits. Celles-ci façonnent les drapés en leur conférant un aspect sculptural. D’autres ombres portées obscurcissent le sol en correspondance avec les personnages.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLouis Rivier met en scène le Triomphe de la Mort de manière théâtrale et presque cinématographique. A l’extrémité latérale du panneau de gauche, par exemple, il laisse imaginer au spectateur la présence d’autres figures hors champ. Gestes et poses sont dynamiques et les personnages sont tous capturés lors d’un moment précis\u0026nbsp;: de stupeur, de terreur, d’invocation ou d’acceptation.\u0026nbsp;Les affects et les émotions sont représentés par des gestes évocateurs.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eDans ce triptyque, on retrouve des citations internes ou, plutôt, des «\u0026nbsp;typologies de personnages\u0026nbsp;» que Louis Rivier ne cessera de représenter tout le long de sa carrière. On pense notamment au vieillard\u0026nbsp;barbu\u0026nbsp;rappelant le\u0026nbsp;\u003cem\u003eSaint Jean à Patmos \u003c/em\u003e(1946), ainsi que celui attendant la Mort du\u0026nbsp;\u003cem\u003eJugement dernier\u003c/em\u003e\u0026nbsp;(s.d.). La jeune femme nue évoque la\u0026nbsp;\u003cem\u003eVenus endormie \u003c/em\u003e(1924). Le petit homme estropié se retrouve dans la\u0026nbsp;\u003cem\u003eCrucifixion\u0026nbsp;\u003c/em\u003e(après 1938), la\u0026nbsp;\u003cem\u003eDescente de Croix\u003c/em\u003e\u0026nbsp;(1940) et dans\u0026nbsp;\u003cem\u003eLa résurrection du jeune homme de Naïn\u003c/em\u003e\u0026nbsp;(Illustrations de la Bible, 1936-38). On\u0026nbsp;relève\u0026nbsp;également l’attention portée au monde maternel et enfantin et aux rapports d’amour et d’affection entre mères et enfants\u0026nbsp;: thèmes qui traversent toute l’œuvre de Rivier. Le bébé cueillant des marguerites rappelle le\u0026nbsp;\u003cem\u003eBébé assis dans une prairie\u003c/em\u003e\u0026nbsp;(1916), insouciant et heureux. Le couple habillé élégamment évoque celui\u0026nbsp;présent dans\u0026nbsp;la\u0026nbsp;\u003cem\u003eSainte Cécile\u003c/em\u003e\u0026nbsp;(1945) œuvre où l’on\u0026nbsp;note\u0026nbsp;aussi le même intérêt pour la représentation de plusieurs catégories sociales.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e","nb_pages":null,"patent_nb":null,"patent_url":null,"published_in":null,"height":null,"width":null,"depth":null,"cuvette_height":null,"cuvette_width":null,"assembly_height":null,"assembly_width":null,"assembly_depth":null,"state":"\u003cp\u003eVoici les mesures en cm de chaque panneau, avec montage:\u003c/p\u003e\u003cp\u003e200.0 x 276.0 x 3.0 cm (panneau central); 178.0 x 182.0 x 3.0 cm (panneau de gauche) 179.0 x 183.0 x 3.0 cm (panneau de droite).\u003c/p\u003e\u003cp\u003eL'oeuvre est dans un bon état de conservation. Toutefois la surface peinte est obscurcie par une couche de vernis.\u003c/p\u003e","arrangement_comments":null,"inscription":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","technical_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLe verso du panneau de gauche est aussi peint. Dans cette composition, fortement abimée par le temps, on retrouve le thème du Triomphe de la mort avec\u0026nbsp;une foule qui salue\u0026nbsp;sa venue, des personnes effrayées, des mères à l’enfant. Le style est proche de l’Art Nouveau et du symbolisme.\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLouis Rivier utilise la peinture à l’huile au début de sa carrière et jusqu’en 1906, année où il l’abandonne pour la détrempe. Cet abandon n’est cependant pas définitif et naît d’une phase de recherche et de questionnement. Laquelle de ces deux techniques peut mieux révéler la lumière des choses, la qualité des matières, le réalisme d’un incarnat\u0026nbsp;? Louis Rivier opte pour la détrempe pour ensuite revenir à l’huile au début des années 1920, mais seulement pour une courte période.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eDans les années suivantes, on rencontre rarement des œuvres réalisées à l’huile. Il s’agit de quelques portraits et de rares paysages. Pour les premiers, le choix s’explique en raison des sources d’inspiration de Louis Rivier\u0026nbsp;: on pense notamment à l'influence de l’art flamand. Pour les paysages, il s’agit vraisemblablement d’un choix technique qui reste cependant exceptionnel dans l’ensemble de son abondant corpus.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e","unknown_creation_location":false,"same_location":false,"unknown_period":false,"period_start":"1925-01-01","period_end":"1925-12-31","period_precision":"year","unknown_owner":false,"datation_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eEn 1906, Louis Rivier\u0026nbsp;passe l’hiver à l’Académie Julian, à Paris, le matin occupé par les cours et l’après-midi seul dans son atelier de l’avenue du Maine. Le soir, il se rend à Passy dans une famille où il entend les œuvres musicales de César Franck, le quatuor de Chausson. Il contracte une appendicite et conçoit le projet d’un\u0026nbsp;\u003cem\u003eTriomphe de la Mort.\u003c/em\u003e\u0026nbsp;En 1907, il tente une première réalisation, sur une toile de sept mètres de longueur et de trois mètres de largeur. Gêné dans son travail par le grain du tissu, il recommence sur trois panneaux de bois formant un triptyque. Contraint de s’interrompre à nouveau du fait de ses nombreux travaux décoratifs, il reprend son ouvrage en 1924 et réussit enfin à le terminer.\u0026nbsp;(Richard Heyd,\u0026nbsp;1943.\u003cem\u003e\u0026nbsp;Rivier\u003c/em\u003e, pp 91-92).\u0026nbsp;Deux ans plus tard, en 1926, il\u0026nbsp;expose le\u0026nbsp;\u003cem\u003eTriomphe de la Mort\u003c/em\u003e\u0026nbsp;au\u0026nbsp;\u003cem\u003eSalon de la Nationale\u003c/em\u003e\u0026nbsp;au Grand-Palais des Champs-Elysées à Paris.\u0026nbsp;\u003c/p\u003e","ownership_comments":null,"origin":"","author_collaborations":[{"person":{"first_name":"Louis","surname":"Rivier"}}],"composition_type":{"label":"composition allégorique","definition":null},"creation_locations":[{"label":"Jouxtens-Mézery","description":null},{"label":"Paris","description":null}],"images":[{"rights":"closed","credits":"Stiftung für Kunst, Kultur und Geschichte - SKKG ","year":"2021","comments":"\u003cp\u003ePanneau central. 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