{"id":87,"created_at":"2021-08-30T07:45:04.249Z","updated_at":"2023-01-30T12:31:34.268Z","created_by_id":3,"updated_by_id":4,"status":"draft","signature_transcription":"","no_signature":true,"signature_comments":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","unknown_author":false,"no_title":false,"title":"Crucifixion","description":"\u003cp\u003eCette peinture murale représentant le Christ en croix se trouve sur la grande paroi en forme d’arc qui domine la chaire de la chapelle des Terreaux à Lausanne. Hiératique, elle a comme modèle l'intériorité et la retenue manifestées dans la peinture primitive flamande.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe corps de Jésus est mince, visiblement mis à l'épreuve par la Passion qui l’a conduit à la mort. Ses longs cheveux châtains tombent sur son front\u0026nbsp;; sa tête, entourée d’une couronne d’épines, se penche en avant et tombe sur le menton. Les mains et les pieds sont fixés à la croix par des clous. Le périzonium, au drapé élaboré, est noué autour des hanches.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eAu sommet de la croix se trouve une planche portant une inscription\u0026nbsp;: \u003cem\u003eJésus rois des Juifs.\u003c/em\u003e\u003c/p\u003e\u003cp\u003eA gauche, saint Jean console la Vierge qui, affligée, est en position semi-allongée\u0026nbsp;: les jambes au sol, elle se soutient avec le bras droit, penche la tête contre sa poitrine et porte sa main gauche au visage dans un geste de désespoir. Sa nuque, ses épaules et ses bras sont recouverts par un ample voile blanc\u0026nbsp;; elle est habillée d’une robe bleu foncé. Saint Jean, derrière elle, est debout avec les bras légèrement écartés. Il pose sa main droite sur l’épaule de Marie en un geste de consolation. Il porte une longue tunique rouge lui couvrant tout le corps.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eSur la droite, est représenté un centurion agenouillé. Son expression manifeste de la stupéfaction\u0026nbsp;: il vient de découvrir la nature divine du supplicié. Il porte une armure métallique, une courte tunique rouge et des sandales aux pieds.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLa composition est centrale et symétrique. La distribution des personnages dessine un triangle imaginaire dont le sommet coïncide avec le Christ. La croix se trouve en position centrale et sa branche verticale crée une sorte de séparation entre l’univers maternel et amical de Saint Jean et Marie (dont les corps, très proches, forment une unité figurative) et celui, à l’opposé, du centurion.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLe paysage est minimaliste\u0026nbsp;: un pré vert clair ponctué de roches et de branches mortes, épineuses est surmonté d’un ciel tourmenté traversé par de nombreux cumulus. A l’arrière-plan, des reliefs bleutés se chevauchent. L’espace céleste semble participer au drame qui se produit sur terre et les nuages, aux formes allongées, accompagnent l’écartement des bras du Christ.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLouis Rivier reprendra un semblable effet dans la \u003cem\u003eTransfiguration\u003c/em\u003e du temple de Nyon (1947) où le ciel, s’ouvrant à la hauteur des bras du Christ (un Christ transfiguré par la lumière divine) amplifie la charge symbolique de la scène et participe à la révélation de la vraie nature du Fils de Dieu. Dans cette \u003cem\u003eCrucifixion, \u003c/em\u003ela disposition des nuages met aussi en évidence la posture de Jésus en lui conférant une majesté particulière.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eL’espace entre les trois figures rend cette composition aérée. Le vide et le vent, que l’on imagine souffler et mettre en mouvement les nuages, font partie intégrante de l’œuvre\u0026nbsp;: le spectateur est comme englouti par la grandeur du ciel et submergé par la scène.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eLes couleurs dominantes sont le rouge, le vert et le bleu\u0026nbsp;: trio de teintes amplement utilisé par Rivier dans ses compositions religieuses. La lumière est claire et étale. On remarque les ombres portées de saint Jean, de Marie et du centurion, se projetant au sol. Des ombres gris foncé viennent obscurcir le ciel et les nuages. On «\u0026nbsp;respire\u0026nbsp;» un air précédent une tempête. Cette palette renforce la tragique de l'épisode biblique.\u003c/p\u003e\u003cp\u003eEn 1932, Louis Rivier peindra une \u003cem\u003eCrucifixion\u003c/em\u003e dans le temple d’Auteuil en France. La composition symétrique et centrale est très semblable avec, de part et d’autre de la croix surmontée de l’inscription \u003cem\u003eJésus de Nazareth Roi des Juifs\u003c/em\u003e, saint Jean et un centurion romain agenouillé. Le paysage représente un cours d’eau conduisant à un lac. Un paysage de collines encadre la scène. Le ciel est nuageux, éclairé vivement dans le fond et obscur au-dessus de la croix, participant aussi à la dramaturgie de la mort du Christ.\u003c/p\u003e","nb_pages":null,"patent_nb":null,"patent_url":null,"published_in":null,"height":null,"width":null,"depth":null,"cuvette_height":null,"cuvette_width":null,"assembly_height":null,"assembly_width":null,"assembly_depth":null,"state":"\u003cp\u003eBon état.\u003c/p\u003e","arrangement_comments":"\u003cp\u003eCette peinture murale prend place sur le mur de fond de la niche du chœur de la chapelle des Terreaux à Lausanne. L'édifice a été construit par les architectes Théophile Van Muyden et Henri Verrey dans un style néo-roman. Inauguré en 1890, il a été d'abord un lieu de culte de l’Église libre, puis rattaché à l’Église protestante du Canton de Vaud en 1966. La chapelle des Terreaux a été restaurée en 1995 et est devenue, depuis 2005, un espace culturel.\u003c/p\u003e","inscription":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","technical_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLouis Rivier adopte la détrempe dès 1906 jusqu’à la fin des années 1930. La détrempe est une technique traditionnelle de la Renaissance italienne (\u003cem\u003etempera all’uovo\u003c/em\u003e). «\u0026nbsp;La tempera à l’œuf italienne était l’héritière directe de la tradition byzantine […]. Le nombre de tableaux peints à tempera est considérable […]. Elle est pourtant tombée en désuétude au cours des XVI\u003csup\u003ee\u003c/sup\u003e - XVII\u003csup\u003ee\u003c/sup\u003e siècles. ». (François PEREGO. 2005. \u003cem\u003eDictionnaire des matériaux du peintre\u003c/em\u003e, Paris\u0026nbsp;: Ed. Belin, p. 706).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eLa recette de Rivier, mise au point par Théophile Robert, comporte du jaune d’œuf, de la résine d’Avar ou copal, de l’huile de noix pure, du vinaigre blanc et de l’eau. (Dario Gamboni, \u003cem\u003eLouis Rivier (1885-1963) et la peinture religieuse en Suisse Romande\u003c/em\u003e, p. 97).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eAu cours de sa carrière, Louis Rivier rencontre plusieurs difficultés quant à l’emploi de la détrempe. Ces obstacles l’amènent à abandonner momentanément cette technique au profit de l’huile. Mais, «\u0026nbsp;[…] après quelques années de tentatives obstinées, il finit par maîtriser la détrempe à tel point qu’il put l’utiliser pour ses paysages aussi bien que pour ses portraits, et pour d’autres compositions.\u0026nbsp;» (Francesco Sapori, \u003cem\u003eLouis Rivier\u003c/em\u003e, p. 38).\u003c/p\u003e\u003cp\u003eEn 1938-39, Rivier invente, à partir de dessins aux crayons de couleurs, le «\u0026nbsp;procédé spécial\u0026nbsp;», technique qu’il emploiera pour presque toutes ses œuvres même en grand format et réalisées pour des décorations murales. Une exception notoire est la décoration de l’Église orthodoxe grecque de Lausanne qui a été réalisée entièrement à la détrempe, et cela sur une durée de plus de 15 années, jusqu’en 1940.\u003c/p\u003e","unknown_creation_location":false,"same_location":false,"unknown_period":false,"period_start":"1928-01-01","period_end":"1928-12-31","period_precision":"year","unknown_owner":false,"datation_comments":"\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eEn 1928, après avoir décoré la chapelle des Terreaux à Lausanne, Louis Rivier retourne à l’église orthodoxe grecque. Il peint le tambour et la coupole avec la Trinité dans une trouée de nuages ainsi que la Guérison de l’aveugle. Il poursuit en 1929 avec «une grande \u003cem\u003eAnnonciation\u003c/em\u003e sur la paroi du fond [...] encadrée de deux sujets traités aux retombées de la voûte\u0026nbsp;: une \u003cem\u003eAdoration des mages\u003c/em\u003e et \u003cem\u003eL’Annonce aux bergers\u003c/em\u003e. » (Richard HEYD. 1943. Rivier, Neuchâtel et Paris : Editions Delachaux et Niestlé, 95).\u003c/p\u003e\u003cp class=\"ql-align-justify\"\u003eToujours en 1928, il voyage à Venise accompagné de Julie et il participe au \u003cem\u003eSalon de la Nationale\u003c/em\u003e à Paris.\u003c/p\u003e","ownership_comments":"\u003cp\u003eLouis Rivier reçoit la commande de cette décoration de la part de l’Église libre. La chapelle appartiendra ensuite à l’Église évangélique réformée du Canton de Vaud qui le transforme en espace culturel. La décoration murale de Rivier a été conservée mais n’est plus visible.\u003c/p\u003e","origin":"","author_collaborations":[{"person":{"first_name":"Louis","surname":"Rivier"}}],"composition_type":{"label":"composition religieuse","definition":null},"contract_type":{"label":"commande","definition":null},"creation_locations":[{"label":"Lausanne","description":null}],"images":[{"rights":"closed","credits":"Claude Bornand","year":"","comments":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e","role":null}],"medium":{"label":"mur préparé","definition":"\u003cp\u003e\u003cbr\u003e\u003c/p\u003e"},"owner_collaborations":[{"person":{"first_name":null,"surname":"Ville de Lausanne"}}],"recipient_collaborations":[],"references":[{"page":"94-95","source":{"id":9,"author":null,"title":"Richard HEYD. 1943. 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